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Quelque chose marche dans les murs.

On ne sait pas son nom.

Parfois il ressemble à un serpent.
Parfois à une musique.
Parfois à une fenêtre ouverte au milieu de l’hiver.

Il coupe.

Il donne.

Il déplace les meubles de l’intérieur.

On promet de rester.
On prépare déjà son départ.

On aime.

On regarde pourtant la route
comme si elle nous appartenait davantage.

Le secret n’a pas de mots.

Il pousse.

Il creuse sous les certitudes,
sous les habitudes,
sous les visages que l’on porte depuis trop longtemps.

Alors le cœur se met à boiter.

Quelque chose manque.

Quelque chose déborde.

La nuit, les pensées grincent comme des enseignes anciennes.
Le sommeil hésite.
Les rêves changent de direction.

Il faudrait rester immobile.

C’est impossible.

Le secret réclame du mouvement.

Non pour fuir.

Pour respirer.

Pour suivre une piste dont personne ne connaît l’origine.

Certaines blessures veulent guérir.

D’autres veulent voyager.

Elles avancent avec nous.
Elles regardent par nos yeux.
Elles choisissent parfois nos chemins sans demander la permission.

Nous appelons cela désir.

Nous appelons cela nostalgie.

Nous appelons cela liberté.

Nous lui donnons beaucoup de noms afin d’éviter de reconnaître qu’il nous dépasse.

Le secret continue pourtant à déambuler.

Invisible.

Patient.

Indocile.

Et lorsque quelqu’un demande ce qui nous pousse encore à partir alors que tout semble déjà là,
la seule réponse possible tient dans un demi-sourire.

C’est comme ça.


Céleste R.

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