beaute

Dans mon ventre, une nuit profonde se déploie.
Elle porte une braise noire qui refuse de s’éteindre,
une braise odorante qui éclaire sans adoucir.
Un parfum lourd, une vapeur de cendre et d’or.
Elle enveloppe tout.
Elle exige d’être reconnue.

Je pense à lui.
Une silhouette taillée dans l’ombre,
une présence qui garde encore la noblesse blessée de ce qui a traversé le feu.
Il se tient là, dans la profondeur de mon ventre,
roc noir où la lumière vient frapper pour naître.
Il appelle sans bruit.

La douleur est une fleur sombre.
Une fleur de cendre et de braise, qui s’offre avec une lenteur souveraine.
Elle laisse passer une clarté brûlante, glissant sur mes côtes,
un métal incandescent qui révèle.

Le pardon n’est pas encore là.
J’entends son pas qui chemine dans la rocaille,
vibration nocturne, portant le poids du monde et la promesse d’un éclat.
Je sens son pas lourd et serein.
Il est magnifique.
Il arbore la vérité des traces qui ne peuvent plus rester enfouies.

Il y a dans cette approche une foi qui n’a rien d’éthéré.
C’est une flamme nocturne, droite, obstinée,
une lueur qui persiste dans le noir tel un serment.
Elle se tient dans chaque éclat de pierre, dans chaque frisson de cette chambre intérieure.
Elle est là, fidèle à ce qui veut renaître.

Je marche dans cette transfiguration.
Ni pure, ni douce,
mais splendide comme une nuit d’orage,
affutée comme une lame,
profonde comme une terre qui s’ouvre pour libérer son feu.

Son nom revient, sans murmure.
Un outil sur la roche qui tambourine,
une vérité qui cherche son passage dans ma poitrine.
Je ne peux pas encore le regarder avec tendresse.
Mais un vague mouvement en moi devient caresse,
une braise qui aspire à la flamme,
une pierre qui soutient enfin la lumière.

Et peut-être que c’est cela, aujourd’hui :
une beauté sombre,
une lumière née du gouffre,
un ventre qui devient passage pour le feu et la nuit.


Céleste R.

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