Iran

La rose dans la cendre.

Dans la poussière rouge du matin, ô Liban,
le feu éclaire nos cœurs comme une lampe dans la nuit intérieure.

Les tyrans dressent leurs ombres, mais le vent les disperse :
nul pouvoir ne résiste à la vérité qui brûle sans bruit.

Je lève ma coupe vers tes ruines, sans détourner les yeux :
le vin révèle le passage secret que la guerre tente de couvrir.

Tes jardins brûlent, mais la rose, obstinée, garde son parfum,
ainsi l’âme survit, même quand la peau du monde se défait.

Que vaut la vie, dis-moi, si elle tremble à chaque aube ?
Et que vaut la mort, si elle n’est qu’un seuil vers la clarté ?

Dans chaque pierre noircie, un empire défait murmure encore :
le cercle du monde tourne, et nous tournons avec lui vers le centre.

Alors je bois à ton nom, Liban, pays de cendres et de lumière,
car même en feu, tu restes plus vaste que le destin et plus profond que l’âme.


© Céleste R. — CC BY‑NC‑ND

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