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La pierre attend, patiente, dans sa profondeur,
Elle garde son grain, murmure sourd et mystique,
Ardan s’approche alors pour sentir la ferveur,
Il pose la main, reçoit un frisson tellurique.

Le premier coup ouvre en elle une terre-veine,
Les éclats vifs jaillissent des couches souterraines.
La forme, attentive, monte en force glorieuse,
Ardan l’accompagne vers sa part lumineuse.

La sculpture émerge, née d’un souffle poli,
Franchissant un seuil, elle sort d’un monde enfoui.
Quand les mains cessent, l’atelier semble un mirage,
La poussière tombe, paisible, sur l’ouvrage.

Ardan s’arrête, un instant, pour la remercier,
La pierre garde en elle la nuit qu’elle a quittée.


Céleste R.

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